Bertrand Delanoé sort aujourd'hui un livre d’entretiens avec Laurent Joffrin, directeur de la publication de Libération, au titre explicite : De l’audace !
Ce livre parle de son expérience à la Mairie de Paris, mais aussi de sa candidature à la tête du PS. Par ailleurs, il se revendique ENFIN comme libéral. "Le libéralisme est à la liberté ce que la République est à la Démocratie, une forme supèrieure d'évolution. Je suis libéral. La droite d'aujourd'hui ne l'est pas. La gauche doit se réapproprier avec fierté le mot et la chose [...]".
Il aborde la défaite de Ségolène Royal, son alliance politique proposée avec François Bayrou entre les deux tours : "C'était un décision mauvaise. Est-ce bien sèrieux de conçevoir une alliance allant du centre à l'extrème gauche? C'est sympathique mais il faut un minimum de cohérence". Il parle de sa rivalité avec elle : "On ne peut pas se contenter de recueillir les avis. Il faut donner le sien. Ce sont les limites de la formule : 'Votre projet sera le mien'", et il nous parle d'un art de manager : "Au PS, nous devons être des managers. Des managers du changement, de la réforme, du dialogue social, des managers de l'espoir. Mais des managers".
A 58 ans, il est considéré comme un des principaux prétendants pour 2012. Pour le Congrès du Parti Socialiste prévu dans 6 mois, il propose un texte appelé "clarté, courage, créativité : pour un grand Congrès socialiste". S'il se défend de contrecarrer l'ambition de Ségolène Royal, son texte a déjà reçu le soutien de plus de 90 personnalités socialistes.
QUOI ? PARDON ?
"Delanoë c'est du sérieux", ça commence à bien faire.
Alors comme ça, "pour être un bon socialiste, il faut être un bon manager" ? MA-NA-GER ? Pour dire une telle chose, il faut avoir une bien étrange vision de la politique et du socialisme. On n'est pas là pour gérer une entreprise mais pour gérer un ETAT. Je ne vois pas ce que le libéralisme peut apporter au PS. Le libéralisme aujourd'hui, ça n'est pas un choix, c'est une CONTRAINTE, l'économie mondiale n'acceptant pas d'autre système. Le PS ferait mieux de se positionner davantage sur les sujets sociaux et collectifs, sur le respect de la démocratie et des libertés fondamentales, sur la solidarité et la lutte contre la disparition des classes moyennes. Bertrand est bien parti pour se DSKiser et devenir le candidat de gauche préféré des gens de droite. Avec le libéralisme, on revient aux années Jospin et ça, ce n'est n'est pas concevable ne serait-ce qu'une minute.
Delanoë a toujours affirmé durant la campagne municipale qu’il se consacrerait totalement à Paris, mais aujourd'hui, il retourne sa chemise : "si je dois en plus investir [...] de l’énergie pour mon pays, ma famille politique, [...] je n’hésiterais pas. Je le ferai." Bien sur Bertrand, bien sur. Personne n'est dupe...

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